Construire une recherche forte, dynamique et reconnue. Une recherche à rayonnement national et international.


Notre université doit s’affirmer comme forte et reconnue dans ses domaines d’expertises. Elle doit se donner les moyens pour permettre à l’ensemble des équipes de recherche, sans distinction, non seulement de pérenniser leur leadership dans leurs domaines d’excellence, mais aussi de développer une culture de l’innovation. Ces objectifs guideront nos actions.

Nos laboratoires de recherche, s'ils ont été correctement soutenus financièrement par l'université, ont néanmoins vu leur budget diminuer par décision de la Présidence. Par ailleurs, ils manquent encore d'un appui politique qui leur permette une véritable reconnaissance de leurs compétences.


Les enjeux pour l'avenir sont importants
 : développement du campus Condorcet et relations avec l’Université Paris 8, relations avec les universités de l'alliance Sorbonne Paris Cité, relations avec l'Inserm et le CNRS, relations avec l’APHP. Il s'agira de penser la place de l'université dans cet environnement qui se met en place.


Notre université peut et doit se donner les moyens de mener une politique de recherche volontariste, élaborée de façon collégiale et qui tire l’ensemble de la communauté scientifique vers le haut. Cette politique doit, bien évidemment, aussi s’appuyer sur les structures fédératives, les laboratoires, les plateformes, etc. Pour cela, il est aussi impératif de renforcer les formations de master indifférenciées ou recherche, de contribuer au développement des écoles doctorales, d’augmenter l’attractivité de notre université.

Dans le paysage actuel (une simple association au lieu d’une participation pleine et entière à l’Idex, un campus Condorcet qui se développe, un hôpital Nord qui se construit à Saint-Ouen) et parce que notre université est, et doit rester pluridisciplinaire, nous proposons de conserver trois axes stratégiques de développement :

  • une politique proactive pour un véritable projet scientifique dans le cadre de la MSH et du Campus Condorcet (en particulier avec Paris 8),
  • l'encouragement des collaborations, en particulier celles menées dans le cadre des outils du PIA à l'exemple du Labex SEAM (avec l'Université de Paris)
  • le soutien à la recherche effectuée à SMBH, dans le cadre du groupe hospitalier Paris Seine Saint-Denis (Avicenne, Jean Verdier, René Muret).


Ces partenariats pluriels sont une spécificité et une force de notre université. Par ailleurs, la recherche a besoin de temps longs et de cohérence avec la formation, du personnel tant administratifs et techniques que chercheur·e·s et enseignant·e·s-chercheur·e·s. Pour ces raisons, la réflexion stratégique sur les recrutements doit se faire de manière pluriannuelle et impliquer tous les acteurs de l’université (cf. volet vie au travail et carrière). C’est pourquoi certaines des préconisations pour la future LPPR sont inacceptables (recrutements de type CDD long, tenure track, modulation de services sans accord de l’intéressé) et ne seront pas appliquées. A contrario, il est urgent et nécessaire qu’une loi permette la revalorisation des salaires et en particulier des débuts de carrière.


L’université participe à plusieurs Labex : nous ferons en sorte que ceux-ci soient pleinement maintenus à l’échéance de 2024. Loin d’être de simples faire-valoir, nos laboratoires en sont très souvent les têtes de file. La création d’une Maison des Sciences Numériques est un atout pour l’université. Les mots-clefs qui la définissent (« village numérique permettant de relier 3 grands domaines présents, lieu de valorisation de la recherche partenariale, espaces pour la pédagogie innovante, espaces de co-working, ... ») correspondent bien à ce que doit promouvoir notre université : pluridisciplinarité, innovation, association recherche/formation, … Nous soutiendrons cette initiative et continuerons à la faire connaître du territoire et de ses entreprises. Ce projet se poursuivra en lien avec le développement du campus Condorcet.


Pour développer et asseoir son rayonnement à l’international, l’université doit être proactive en mettant en place une réelle structure de veille scientifique (qui ne se charge pas uniquement de transmettre des appels). En relation avec les unités de recherche, cette structure devra inciter et accompagner les (jeunes) chercheur·e·s pour répondre aux appels à projets, en particulier européens (ERC…) et internationaux. Au niveau local, un nouvel élan doit permettre le développement de recherches, possible matériellement et humainement pour tous et toutes, à travers une programmation qui ne laisse aucun secteur disciplinaire de côté. Il s’agira par exemple de revisiter la politique du BQR (budget, thèmes) et des structures fédératives (projets structurants, enjeux sociétaux). La politique de BQR doit continuer à permettre aux nouveaux arrivants (enseignant·e·s-chercheur·e·s ou chercheur·e·s) d’avoir les moyens de leurs recherches : le budget récurrent des laboratoires ne permet pas véritablement aux jeunes recruté·e·s de bien démarrer leurs recherches, s’ensuit trop souvent une réelle démotivation.


L’université doit enfin être moteur pour la diffusion vers le monde socio-économique de notre territoire des retombées de notre recherche et cela dans tous les domaines sur la base d’une politique de valorisation soutenue, de partenariats à construire et à entretenir avec les partenaires du monde socio-économique, en associant recherche et formation, conjointement avec les pôles de compétitivité régionaux qui sont très souvent demandeurs de ces initiatives.

Dans ce but, les actions suivantes seront entreprises : 

  • Mise en place d'une direction de la recherche associant BRED et SAIC. Une vision cohérente et globale est indispensable pour que des choix puissent être faits par la Commission de la Recherche. Il est par ailleurs nécessaire de prévoir un véritable  service de valorisation de la formation et de la recherche avec aide aux montages de projets, quelque soit le type de projets (projet pédagogique ou de recherche, permettant réellement des réponses efficaces aux grands appels à projet, en y affectant des personnes de métiers et un chargé de valorisation. Parmi les objectifs de cette direction de la recherche, la valorisation de nos expertises dans le cadre de nos partenariats économiques est aussi un point crucial: formation, séminaire, accompagnement de projets. La commission de la recherche, dont les travaux ont été substantiels ces dernières années, aura ainsi des outils permettant de faire des choix éclairés.

  • Mise en place de 3 chargé·e·s de mission : sciences-CNRS, santé et médecine-Inserm, LLSHS-Condorcet. Sorbonne Paris Nord est une université où ces 3 secteurs existent, suffisamment forts pour exister par eux-mêmes, suffisamment proches pour que des recherches interdisciplinaires puissent être menées. Ces chargé-e-s de mission pourront plus directement suivre l'évolution des laboratoires, suggérer le soutien à des recherches émergentes, aider à des montages de projets intra-secteur ou inter-secteur. S’ils ont naturellement vocation à soutenir les projets émergents dans leur domaine scientifique, c'est par des discussions permanentes avec la Vice-Présidence CR que la politique scientifique de l'université pourra réellement se mettre en place. En particulier, l'émergence de projets totalement interdisciplinaires doit exister (la MSN en est un des lieux possibles).

  • Réflexion au CAC sur une publication de postes à 5 ans, tant enseignant·e·s, enseignant·e·s-chercheur·e·s que BIATSS, en cohérence avec le développement des formations. Ceci sera fondé, en partie, sur une politique transparente et un dialogue formation/recherche impliquant systématiquement les directeurs d'UFR et d'instituts et les directeurs de laboratoires pour mener à bien l’ensemble des missions de l’université.

  • Aide à la mobilité entrante de personnels de recherche, (soutiens aux réponses à projets européens). Ainsi, l'université doit favoriser l'accueil de postdocs, d'enseignant·e·s-chercheur·e·s, de chercheur·e·s susceptibles d'intégrer l'université, afin de mieux leur faire connaître le potentiel de l'université.

  • Soutien à tous les laboratoires. C’est le cas pour les équipes d’accueil, maintenant unités de recherche (UR), qui doivent être accompagnées dans leurs objectifs d’évolution. Il s’agit aussi d’assurer une  reconnaissance pérennisée par le CNRS ou l'INSERM (par exemple, par le soutien fort aux laboratoires CEPN, CSPBAT, ...). Mise en place d’un dialogue objectifs-moyens annuel avec l’ensemble des laboratoires conjointement avec le CNRS et l’INSERM afin de détecter les besoins, les problèmes éventuels, les départs, etc. De même que pour les personnels d’accompagnement à la pédagogie, Il faudra mettre en place une cartographie des personnels de soutien à la recherche (fonctionnelle) pour anticiper les départs, voire les besoins pour établir un plan d’action sur le moyen-long terme.

  • Mise en valeur de la recherche à SMBH, au groupe hospitalier Paris Seine Saint-Denis (Avicenne, Jean Verdier, René Muret) par un renforcement systématique des relations CHU-SMBH-université, par la création de postes de soutien à la recherche, par des budgets adaptés. Mise en valeur des recherches des laboratoires associés à l’INSERM en renforçant leurs moyens, en ouvrant des discussions sur la création d'un centre de recherche. Enfin, l’université, avec SMBH, doit savoir aider au développement territorial des activités du CHU.

  • Mise à niveau du budget de la recherche, après les coupes de ces dernières années (en particulier -15% sur les 2 dernières années), permettant d’assurer le fonctionnement des laboratoires et l’innovation, la prise de risque, ainsi que la mise en place d’actions innovantes : CRCT, montage de projets européens (enseignement, recherche, etc.).

  • Soutien au collège doctoral qui se met en place. Nos deux écoles doctorales ont su prendre leurs marques, il reste encore du chemin avant que celles-ci ne deviennent un lieu naturel pour nos doctorants, pour les accompagner au cours de leur thèse, tant d'un point de vue formation que concernant les aspects administratifs. Le nombre d'allocations doctorales sera maintenu. 
  • Mise en place d'un accompagnement de carrière et facilitation de la mobilité interne.

  • Prise en compte des aléas de carrière dans les évaluations locales, prise en compte des parcours moins linéaires (industrie, start-up, passage dans des institutions à impact sociétal…). Simplification des procédures administratives d’une manière générale afin que celles-ci soient claires et transparentes.

Enfin le territoire est un aspect trop négligé : notre université doit s’affirmer comme un des acteurs du département et des inter-communalités. Bien au-delà de la recherche, c'est un point crucial dont notre université ne s'inquiète pas assez. Il y va de notre université d'être véritablement proactive et porteuse de projet sur nos territoires. Cela passe par des discussions fréquentes avec les acteurs du territoire, cela passe par des projets portés en commun (à commencer par JO 2024 !).

  • Amplifier les actions menées par le personnel des bibliothèques vis-à-vis du territoire.
  • Pérenniser les chaires pour le territoire. Celles-ci doivent permettre d’animer les relations entre les sites de notre université et les populations de son territoire.
  • Garder les liens étroits avec Plaine Commune, Est Ensemble, et plus largement les départements.
  • Soutenir l'opération PRISME (Pôle de Référence Inclusif Sportif MEtropolitain) sur le site de Bobigny : il s’agit d’une très belle initiative qui doit véritablement être le lien entre université et territoire sur les questions de santé et handicap.