La pluridisciplinarité et la richesse de l’offre de formation de l'université Sorbonne Paris Nord sont des forces et des atouts qui doivent être préservés. Notre université doit permettre d'accueillir une grande diversité d'étudiant·e·s et être garante des moyens qui sont nécessaires pour leur réussite. Son rôle social dans un environnement souvent stigmatisé est une fierté et nous devons argumenter et convaincre que les moyens nécessaires pour un enseignement de qualité sont d'autant plus cruciaux dans notre bassin. Ces dernières années, la situation des formations à l'université s'est largement fragilisée sans vision à long terme. Les restrictions budgétaires imposées année après année amènent malheureusement à réduire la qualité de nos formations, ce qui est inacceptable. Revenir à des conditions d’enseignement favorables est une priorité : pas de groupe de TD ou TP surchargé, des salles et des amphis de taille suffisante, non dégradés (mobilier, chauffage), avec un équipement (audio, visio) adapté.

Nous proposons un certain nombre d'actions pour les années à venir:

Structuration :

  • Mise en place d'une direction de la formation associant CFVU, CEDIP, VOIE, SEVES, composantes et étudiants, afin de faciliter la coordination de ces services,
  • Création d'un bureau de l'innovation pédagogique,
  • Mise en place de séminaires thématiques de la CFVU afin d'établir des orientations politiques en matière de formation,
  • Mise en place d’une stratégie à 5 ans sur les formations en cohérence avec une stratégie sur la recherche, intégrant un engagement sur les moyens budgétaires, matériels, humains (enseignants, enseignants-chercheurs, BIATSS), présentation disciplinaire des enseignements (nécessaire relativement aux formations de type majeur/mineur)
  • Signature d’un Contrat d’Objectifs et des Moyens avec chaque institut (comme la loi l’oblige) et avec chaque UFR.
  • Actualisation des référentiels, en particulier pour charges de responsabilité de formations ou d’enseignements lourdes.

Formation initiale :

  • Maintien des volumes horaires des formations
  • Analyse précise des diverses situations avec 2 chargé-e-s de mission (premier cycle, deuxième cycle)
  • Mise en place d’une commission des formations par le CAC
  • Réouverture de la formation LEA

Formation continue et apprentissage :

  • Analyse précise budgétaire de la formation continue,
  • Développement de formations « tout au long de la vie » diplômantes articulées avec une VAE
  • Augmentation des formations en alternance,
  • Étude sur la création d'un CFA universitaire

Politique internationale :

  • Soutien fort aux formations ERASMUS+, EUR, Erasmus Mundus,
  • ,Développement de ressources pédagogiques en ligne (mise en place de moyens techniques d’enregistrement et de diffusion),
  • Amélioration des formations en langues (anglais mais aussi espagnol, ...), sur tous les campus de l'université,
  • Soutien aux coopérations internationales pour la formation, à l'instar de ce qui se fait à Fès au Maroc, au Vietnam avec USTH,
  • Développement d'alliances européennes d'université, USPN vient d'être co-signataire de l'alliance I3N, USPN a par ailleurs un partenariat important avec l'université de Fès au Maroc, ces partenariats doivent permettre de donner à USPN une véritable visibilité à l'international, et pour nos étudiants des cadres d'échanges,
  • Amélioration de la communication des appels d'offre envers la communauté universitaire.

L'orientation est un point essentiel de l'accueil des lycéen·ne·s dans nos formations, nous voulons poursuivre et intensifier le travail déjà effectué par les instituts, les UFR, et le service commun VOIE afin de renforcer et d'étendre les liens avec les lycées de notre territoire pour aider les futur·e·s étudiant·e·s à mieux appréhender les filières et leurs débouchés. Nous souhaitons renforcer la coordination et la cohérence des différentes actions d'orientation du service VOIE avec l'ensemble des formations de notre université.

La reconnaissance de nos formations est souvent illustrée par des classements favorables, en particulier sur l'insertion professionnelle. Les formations en alternance ont fortement progressé et répondent à un vrai besoin de nos étudiants qui y trouvent un moyen de préparer leur insertion professionnelle et de financer leurs formations. C'est un point fondamental en particulier sur notre territoire où trop d’étudiant·e·s sont en échec parce qu'obligés de cumuler des petits boulots au détriment du temps nécessaire à consacrer à leurs études. Ces formations professionnalisantes nous permettent un ancrage territorial avec les entreprises du bassin. La formation continue mérite elle aussi d'être développée en dynamisant une politique d'offres. Si les liens avec le territoire existent, les collaborations tant avec la Seine Saint-Denis que le Val d’Oise doivent être renforcés sur ces aspects formations.

Notre Université est une de celles comportant le plus grand nombre d'IUT. Chacun d'eux est un moteur important pour la formation professionnelle. Les IUT ont les particularités d'être pluridisciplinaires, de ne former qu'au niveau L et de n'offrir que des formations technologiques. Ils doivent continuer à le faire et leurs spécificités doivent être respectées. Ainsi, même compte tenu des évolutions réglementaires récentes sur les Licences Professionnelles, l'université doit veiller à ne pas organiser de concurrence entre composantes. Celles pouvant former au niveau M développeront ainsi leur offre de formation professionnelle prioritairement à ce niveau. En outre, les COM seront ce qu'ils doivent être, à savoir des Contrats d'Objectifs mais aussi de Moyens. Enfin, la mise en place du BUT doit être accompagnée par l’université.

Concernant les licences, les réformes menées ces dernières années (parcoursup et mécanismes oui/oui si, majeure/mineure ...) ont profondément désorganisé les premiers cycles, l’approche purement comptable et la réduction des volumes horaires des formations ont engendré une baisse de la qualité, ce qui est intolérable. De même, l'accroissement rapide et considérable des étudiant·e·s a souvent déstabilisé les formations. Il est important de prendre le temps d'une analyse des situations, de mieux savoir stabiliser ces formations, de comprendre ce qui fonctionne mal. Un·e chargé·e de mission licence sera nommé·e. La Vice-présidence CFVU devra mener à bien ce travail d'analyse et d'amélioration de l'existant, d'anticipation des évolutions à venir sur le moyen-long terme.

Les masters doivent être largement soutenus. En effet, notre université est et doit rester une université pleine et entière, alliant formations de premier cycle, de deuxième cycle et de troisième cycle. En cela, le niveau master est essentiel. Le développement des masters, à vocation recherche, professionnelle ou indifférencié, est un objectif central pour notre université. Une réflexion doit être rapidement menée sur leur évolution à moyen-long terme, relativement à leurs débouchés, leur cohérence par rapport aux formations locales de premier cycle et par rapport à notre environnement (Campus Condorcet par exemple), leur positionnement pour l'international.  Là aussi, un·e chargé·e de mission sera nommé·e pour mener à bien ces missions.

Le lien formation-recherche pour les doctorant·e·s est assuré par les deux écoles doctorales Érasme et Galilée. Nous maintiendrons le nombre d'allocations doctorales financées sur le budget de l'université. Nous faciliterons les réponses aux appels européens pour la mobilité des étudiant·e·s (Erasmus+), leur recrutement à l'international.

Concernant l'international, au-delà des recrutements de doctorant·e·s, le rayonnement des formations à l'international devient une réalité. Nous susciterons et soutiendrons les partenariats et toutes les créations de formations à visée internationale, en propre ou via des réponses à appels d'offre (Erasmus Mundus par exemple), dès lors qu'elles s'inscrivent dans les valeurs de notre université.

L'innovation pédagogique prend une part de plus en plus importante dans la réflexion sur l'évolution des enseignements. Notre université a fait quelques efforts pour accompagner les enseignant·e·s dans le cadre de projets pédagogiques (formations auprès des enseignants et recrutement de personnels d’accompagnement au sein de la DSI) mais il manque un niveau de pilotage sur l'université et une visibilité des actions menées, qui nuisent à son développement. C'est un point qui a été souligné dans le rapport HCERES de 2018 qui préconise la création d'une charge de mission autour de l'innovation pédagogique ou de l'intégrer comme un service de la maison des sciences numériques. Il nous semble important de proposer des moyens, humains, financiers, pour l'innovation pédagogique, les outils numériques et les plateformes pédagogiques dans le contrat d'objectif et des moyens de chacun des instituts, de chacune des UFR. L'OpenLab est une initiative qui doit être renforcée en lui donnant les moyens techniques et d'ingénierie nécessaires pour la mettre en œuvre, d'augmenter la visibilité de ces projets, de valoriser les actions et diffuser les bonnes pratiques.

Notre université bénéficie d’un fort lien avec les entreprises grâce à ses 3 IUT, son école d’ingénieur et ses masters à vocation professionnelle. Outre le fait que ces liens sont une richesse à exploiter et à développer, ils doivent aussi être source de potentielles de conventions et répondre ainsi à des besoins spécifiques du territoire. La création du BUT et la possibilité d’une adaptation locale pour un tiers du programme ouvre encore plus de perspectives dans ce sens.

Enfin, la responsabilité des formations et plus largement des enseignements dispensés, sont une charge qui peut être très lourde lorsque le nombre d’intervenants est important. Les enseignant·e·s (PRAG, PRCE) et les enseignant·e·s-chercheur·e·s jouent un rôle majeur que l’université doit savoir reconnaître.

L’évaluation qualitative des formations est un point faible de notre université relevé par le rapport de l’HCERES de 2018. Si la situation s’améliore, le nombre de formations bénéficiant d’une évaluation par les étudiant·e·s reste modéré. Nous souhaitons que l’université s’engage plus avant en matière de qualité des formations, de cohérence des enseignements, définisse une méthode et des indicateurs qui seront partagés par l’ensemble des composantes et qui garantiront une cohérence globale de ce processus qualité. Ce processus sera piloté par la direction de la formation que nous souhaitons mettre en place. Cela passe d’abord par une nette amélioration des conditions matérielles d’enseignement.

Pour mener l’ensemble de ces projets, nous proposons la création d’une direction de la formation qui associera l’ensemble des acteurs de la formation (CFVU, VOIE, CEDIP, SEVES, étudiant·e·s, responsables de formations) afin de piloter et de coordonner l’ensemble des actions autour de la formation, de les rendre visibles et de permettre ainsi une capitalisation et une diffusion de bonnes pratiques. Par exemple, les remédiations destinées aux néo-entrants relèvent de chaque composante sans évaluation à l’échelle de l’établissement donc sans capitalisation ni essaimage.

Nous envisageons aussi la création d’une commission des formations (à l’image de la commission des postes). Émanation du CAC, elle aura comme objectifs d’avoir une vision d’ensemble des formations de l’université, de produire des indicateurs globaux, tant qualitatifs que quantitatifs, et des analyses qui permettent aux élu·e·s d’avoir des éléments d’aide à la décision concernant toute modification de l’offre de formation sur le moyen-long terme.

La pluridisciplinarité et la richesse de l’offre de formation de l'université Paris Nord sont des forces et des atouts qui doivent être préservés. Notre université doit permettre d'accueillir une grande diversité d'étudiants et être garante des moyens qui sont nécessaires pour leur réussite. Son rôle social dans un environnement souvent stigmatisé est une fierté et nous devons argumenter et convaincre que les moyens nécessaires pour un enseignement de qualité sont d'autant plus cruciaux dans notre bassin. Ces dernières années, la situation des formations à l'université s'est fragilisée sans vision à long terme. Les restrictions budgétaires imposées année après année amènent malheureusement à réduire la qualité de nos formations, ce qui est inacceptable.